Charles, c’est officiel, vous voilà en
Formule 1, quel est votre sentiment ? On
imagine qu’il s’agit d’une grande joie…
Oui, c’est magnifique, c’est vrai que je suis
très heureux. Je travaille depuis longtemps
pour atteindre ce premier objectif. Je suis
fier pour toute l’équipe qui a travaillé à mes
côtés. C’est beaucoup d’émotion. Il va falloir
maintenant se concentrer sur le deuxième
objectif : apprendre vite cette année pour
être capable d’apporter à l’écurie et de faire
progresser la voiture.
La Formule 1 représente le must de la
discipline et était privée de Français
depuis presque deux saisons, avezvous
conscience de l’impact de cette
signature pour tout le sport automobile
tricolore ?
C’est bien sûr très positif pour le sport
automobile français. C’est aussi une grande
fierté de pouvoir représenter son pays en
Formule 1. Nous étions quatre à pouvoir
prétendre à un baquet. On croise les doigts
pour les autres.
Vous aurez à peine 22 ans lors
du début de la saison 2012, votre
progression apparaît fulgurante
aux yeux du grand public. Cette
annonce est-elle pour vous le
résultat d’un tableau de marche
idéal, constitué de karting, de
Formule Renault puis de GP2 ?
Je ne crois pas qu’il y ait de tableau de
marche idéal. Il est clair que le parcours
que nous avons choisi m’a bien préparé.
Je suis jeune. J’ai donc encore beaucoup
de choses à apprendre, beaucoup
d’expérience à acquérir. Aujourd’hui
il n’y a que six jours d’essais avant le
démarrage de la saison. Pour un rookie
comme moi ce n’est pas beaucoup.
L’objectif sera de travailler très dur cet
hiver et de mettre à profit les deux mois
de trêve pour digérer un maximum
d’informations afin d’arriver le plus prêt
possible lors des premières courses.
L’apport de Lagardère Unlimited,
la cellule qui vous a épaulé avec
Olivier Panis, a-t-il été capital ?
Le duo Lagardère Unlimited - Olivier Panis
a effectivement été un élément important.
Le savoir-faire de Lagardère dans la
gestion de la carrière des sportifs ainsi
que sa capacité à trouver des sponsors
ont été un avantage. L’expérience et le
relationnel d’Olivier Panis en F1 ont aussi
fortement contribué à notre réussite.
Mais il ne faut pas oublier que l’élément
clef reste la performance du pilote et les
qualités qu’il démontre durant la saison.
Votre victoire en GP2 à Monaco
cette saison, quinze ans pile
après la victoire de Panis en F1,
la dernière d’un pilote français,
apparaît aujourd’hui comme un
très beau passage de témoin, estce
aussi votre sentiment ? Quel
rôle a-t-il joué et jouera-t-il ces
prochaines semaines ?
C’est vrai que cette victoire à Monaco
a été une sensation particulière. Ce
n’est pas vraiment une course française
mais c’est la seule qui s’en rapproche.
Gagner là-bas pour la deuxième fois
était super. Il y avait en plus le petit clin
d’oeil à Olivier, c’était génial ! Il a réalisé
une belle carrière en F1, et il a beaucoup
d’expérience. Il est respecté. Partager
des moments avec lui, écouter ses
conseils m’a beaucoup apporté cette
année. Il sera évidemment à mes côtés
la saison prochaine, et c’est une grande
chance.
Il a fallu aussi convaincre cette
équipe Marussia lors des rookies
days (tests pour jeunes pilotes)
d’Abu Dhabi… Trois semaines plus
tard, avec un peu de recul, quelle
est votre analyse de ces premiers
tours de roue en F1 ?
Ce n’était pas très facile car il s’agissait
effectivement de mes tous premiers tours
de roue en F1. Il y avait l’excitation et le
stress de la première fois à gérer. J’étais
très concentré pour donner le meilleur de
moi-même. La principale différence avec
le GP2, au niveau de la performance, se
ressent dans les rapides et sur les gros
freinages. Il y a aussi beaucoup plus d’infos
et de choses à gérer sur la piste. L’objectif
était de s’adapter vite, d’absorber le
maximum d’informations et de faire du
bon boulot. Plus que la recherche de la
performance pure, il s’agissait de finir
le programme de tests mis en place et
d’être capable de donner de bonnes
informations aux ingénieurs. Au final, nous
avons fait deux très bons jours d’essais.
Maintenant que le contrat est signé, il faut
se concentrer sur l’avenir !
Novembre 2011